13.07.2008
Amigos de Nimes

Saviez-vous qu'il existe une peña taurine a Alicante qui s appelle "Los Amigos de Nimes" ?
Non? Et bien, eux nous connaissent.... la preuve
le recit integral bientot ici ...
10:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Istres par Clement
El Fundi, chef de lidia, commence l’après-midi. Avant même que le premier exemplaire d’Escolar Gil ne soit sorti, il reçoit son premier trophée, une récompense de la municipalité istréenne en hommage à sa longévité dans le milieu et, sans doute, à sa fidélité aux arènes du Palio. Un regain de motivation donc, pour le torero de Fuenlabrada. Dommage que ce premier toro n’ait pas été à la hauteur de son ambition. Sa charge était bien trop courte, et sa tendance au genio trop prononcée pour en faire une faena complète. El Fundi se montrera néanmoins à la hauteur de l’enjeu, se risquant à des positions précaires, proches de la cogida, souvent à la grande frayeur du public provençal. Malheureusement, ces nobles efforts du diestro madrilène seront gâchés par une épée fort laide, qui ressortira en partie et provoquera une hémorragie buccale des plus déplaisantes. Quand on songe à la bronca réservée par le public nîmois au Juli pour une épée similaire (affreuse, au demeurant) à Pentecôte, on peut s’étonner que quelques quolibets désapprobateurs n’aient pas jaillit des arènes du Palio. Plus civique le public istréen ? La question reste posée.
Rafaelillo sera le deuxième en piste, pour une faena presque exclusivement gauchère, sur un taureau faible et manquant quelque peu de noblesse. Des naturelles léchées et des péchos volontaires ne suffiront pas à faire oublier les quelques manquements de la bête, et l’estocade poussive (c’est malheureusement une habitude chez lui) du matador de Murcia assentira l’impression générale d’une faena trop incomplète pour espérer le moindre égard.
Julien Lescaret incarnait la touche tricolore du cartel de cet après-midi. Le torero girondin, suivi par sa pena dacquoise, se mettra très vite le public dans sa poche par une première série de derechazo magistralement dessinés et exemplairement liés. De quoi réveiller l’orchestre du Palio qui ne se contentait jusqu’alors que de jouer les avis et les changements de tercio. Une faena solide et inspirée qui ravira naturellement le premier pavillon de l’après-midi, prélude à un tour d’honneur triomphal (il semblerait que les matadors à gueule d’ange fassent toujours recette auprès des dames, au grand dam de Guillaume et moi-même…).
Vint ce 4ème toro, sans doute principal objet de conversation dans toutes les tertulias improvisées après la course sur les comptoirs istréens. Bien présenté, brave et encasté, il présentera dès sa sortie des signes évidents de grandeurs. Et cette première (et hélas unique) pique est à mon avis pour beaucoup impliquée dans ce qui va suivre. Une pique somptueuse, partie d’assez loin dans le plus pur des styles, tête basse dans le peto, équilibre parfait de la poussée et longueur de l’effort, personnellement la plus belle que j’ai vu dans cette première moitié de temporada 2008. J’ai eu aussitôt à cet instant une forte pensée pour mon ami Roch Bonamour, qui, en grand toriste qu’il est, n’aurait pas manqué d’apprécier le spectacle. Bref, un grand moment de tauromachie qu’un mouchoir blanc a malheureusement trop vite interrompu. El Fundi, sous l’insistance du public, consentira à poser lui-même les banderilles. Las ! pas de pose al violin ou al quiebro à se mettre sous la dent. Sans doute une volonté de préservation pour le maestro qui ne réserve peut-être cela qu’aux grandes arènes. Néanmoins, cette impression de toute puissance dégagée par le bicho d’Escolar Gil s’est rapidement délitée. Au final une faena correcte, fignolée sur un toro bon mais pas extraordinaire. Une oreille aurait été logique, et elle fut vite attribuée. Je reste par contre dubitatif sur la seconde, à la pétition clairement minoritaire. Mais que dire alors de ce mouchoir bleu agité à la surprise générale, à commencer par celle de l’arrastre, perplexe devant cette porte restée close à leur arrivée (que les istréens se rassurent, ce genre de mésaventures arrivent aussi dans des arènes de 1ère catégorie pas si éloignées d’eux…). Une vuelta al ruedo plus brocardée que triomphante pour un toro honnête mais qui n’avait, hormis cette pique initiale, finalement rien de transcendant. La palme de l’incongruité reviendra au final à cette sortie a hombros du mayoral, dont il se murmurait à la sortie des arènes qu’il avait lui-même demandé l’hommage posthume de son produit à un président complaisant…
L’agitation due à ces évènements et la discussion passionnée avec nos voisins de siège nous fera quelque peu manquer le cinquième, qui passa relativement inaperçu, à l’inverse du puntillero de Rafaelillo, qui s’autorisa des gestes odieux sur la dépouille en réponse à la colère de ne pas savoir son métier. Le carton rouge de l’après midi.
Le dernier toro de la tarde fut peut-être, en fin de compte, le plus complet du lot, et l’on peut regretter qu’il ne soit pas tomber en de meilleures mains (Guillaume insiste ici pour que je cite Ponce pour l’exemple : je m’exécute de bonne grâce). Mobile et profond, noble et combatif, il permit tout de même à Julien Lescaret d’exprimer une tauromachie pesante et porteuse d’espoir pour la relève nationale. Un beau travail, justement récompensé d’une oreille.
En définitive, une corrida honnête mais pas extraordinaire. Néanmoins, c’est ce genre d’arènes qui permet de nourrir l’aficion, en offrant une diversité vitale d’élevages et de matadors, pour gonfler notre culture taurine et affermir notre passion. J’aimerais finir cette resena (j’ai scrupule à employer ce terme pour un reportage aussi incomplet) par un clin d’œil à l’arrastre du Palio, magnifiquement costumés (ça « pète » autrement que les jeans, baskets, et t-shirts rouges de nos areneros nîmois) et tous dotés d’un fouet qu’ils claquent allègrement au sol lors de l’évacuation de la bête, donnant à l’ensemble un aspect très…péplum grandiloquent !! A l’image de ces après-midi de fête, aux couleurs bigarrées, aux sourires rayonnant pour la seule évocation du toro, dieu de nos plaines, pour longtemps.
10:10 Publié dans tertulia | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : clement gleizes
temoignage
Commentaire recu suite a la derniere feria de nimes
Le cœur a ses raisons …
Courage ou folie ? Ces mots résonnent, tarabustent, chatouillent, « chafustent » … Et la raison de constater que la frontière est mince, notamment en tauromachie. Il faut du courage ; il en faut à un homme pour se placer consciemment et en toute liberté face à un toro bravo, massive puissance, force brute, instinct animal. Certains diront des « cojones », d’autres de la folie. Il lui en faut certainement un brin aussi. Quel vent pousse un homme à descendre sur la piste, quel courant l’incite à devenir torero ? Amour, rage, envie … entre l’ombre et la lumière, chacun sa trajectoire. Les spectateurs-amateurs que nous sommes ne peuvent probablement qu’imaginer, effleurer des vérités. Au fond de l’arène qu’importe ! Beauté, sensation, émotion pure transportent les cœurs au-delà de la raison par la grâce d’hommes qui combattent et dansent avec les toros. La corrida n’est pas une ; elle est multiple : c’est aussi ce qui la place au rang des arts.
Hey, Toreros ! Vous avez du cœur. Le mien crie : Mira aficionado ! Là est la raison.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
FvG
-
-
-
-
-
-
-
-
Feria de Pentecôte
Nîmes
Mai 2008
10:04 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



